Editée
dans un collection pour adolescents, Malika Ferdjoukh écrit
avec ingéniosité et malice des romans policiers
susceptibles d'intéresser un large public. Tout lecteur
adulte a déjà pressenti que l'auteur de littérature
de jeunesse composait pour un public prédéfini,
de collégiens par exemple ; l'intrigue et le style souffrent
alors d'une certaine mièvrerie qui provoque de temps à
autre un certain agacement
mais consciencieux l'adulte poursuit
sa lecture afin de décider de l'éventuel achat ou
conseil dudit roman.
Fais-moi
peur provoque d'emblée une agréable surprise.
C'est sûr, Malika Ferdjoukh écrit par et pour le
plaisir, sans contrainte initiale. Ses phrases ressemblent à
des arabesques car elles enchantent par leur raffinement : les
mots ont été choisis et agencés avec subtilité
et élégance. Point de digression, point de lenteur,
l'auteur rythme ses phrases et tient en haleine jusqu'à
la dernière page ; judicieusement orchestrés, les
revirements de situation ne manquent pas..
L'intrtigue
repose sur la paranoïa et les instincts meurtriers de Monsieur
N, qui perçoit le moindre regard comme une agression. Animé
par un esprit de vengeance, il rôde autour de la maison
de la famille Mintz. Les parents à l'opéra, les
enfants en profitent pour vivre allègrement mais cette
insouciance est fortement compromise par l'animosité de
Monsieur N.
Pacifiste,
l'auteur profite de son intrigue pour évoquer en filigrane
l'antisémitisme et les souvenirs encore vivaces d'une rescapée
de la seconde guerre mondiale. Cette portée historique
apporte alors un niveau de lecture supplémentaire, idéal
pour les élèves de 3ème compte tenu de leur
programme..