Il est difficile
de résumer un tel livre : racontant la jeunesse de l'auteur,
il est composé d'une suite de petites histoires, anecdotes
de son enfance. Avec le regard de l'adulte qu'il est devenu, cette
enfance lui paraît aujourd'hui très heureuse. En
effet, le petit François, fils d'un Italien pauvre, immigré
en France pour y trouver du travail, et d'une Française,
vit entre deux cultures : il se sent donc aussi Français
qu'Italien, quoiqu'on en dise. L'oeil du lapin met en scène
ses deux parents, bien que l'auteur avoue avoir voulu mettre en
avant sa mère pour que personne ne la croit effacée
(d'après lui, c'est ce qu'on aurait pu penser à
la lecture des ritals, l'histoire de son père),
pour bien montrer qu'elle comptaît beaucoup elle aussi.
Toutefois,
il parle encore beaucoup de ce père maçon, à
l'accent chantant qui transparaît dans les écrits
de son fils. Ses relations avec sa mère occupent une partie
du livre sans qu'elles réussissent à prendre le
pas. Les histoires du père reviennent toujours mettre un
brin de fraîcheur dans les pages de ce livre.
J'ai
particulièrement apprécié la longue tirade
contre la guerre, la mort et sur le côté pacifiste
de François Cavanna, sous la forme d'une rédaction
qu'il a rendu dans sa jeunesse et qui a valu à sa mère
d'être convoquée par le directeur de l'école.
Quelle force dans ces quelques pages de la fin du livre, qui nous
explique aussi le titre !
A
lire à la suite des Ritals... d'où on sent
le même atmosphère et dont la lecture m'a apportée
beaucoup de plaisir.