Margaret
Alton est née sur Ténébreuse et elle est
aussi l'héritière du domaine Alton. Malgré
tout, quand elle revient sur sa planète natale après
des années d'études hors du système, elle
s'y sent étrangère. Elle est prise d'une crise inégalée
de la maladie du seuil, alors qu'elle a dépassé
l'âge de l'adolescence depuis longtemps, et doit se former
dans une tour : en effet, un télépathe non entraîné
est un danger pour lui-même et pour les autres. Or cette
formation dans une tour est un enfer pour elle, car elle ne supporte
pas la proximité des écrans de matrice et tous la
regarde comme si elle était un monstre avec cette matrice
gravée dans la main gauche...
Son seul soutien est Mikhail, l'homme qu'elle aime par-dessus
tout : lui aussi a des obligations d'ailleurs. Nommé régent
d'Elhalyn, il doit partir pour leur château et évaluer
le potentiel des trois garçons pour déterminer lequel
ferait un bon roi. Pourtant les doutes l'assaillent : faut-il
vraiment rétablir une royauté qui sera nécessairement
fantoche au côté du réel pouvoir détenu
depuis des lutres par les Hastur ? Pourtant, après une
courte formation dans une tour aux côtés de sa bien-aimée,
il décide de suivre son devoir et part rejoindre les enfants
Elhalyn, où bien des surprises l'attendent.
Cet énorme livre de Marion Zimmer Bradley aurait
pu faire l'objet d'au moins deux histoires différentes.
Deux histoires qui s'imbriquent, certes, mais qui auraient peut-être
pu alléger l'histoire. Pourtant, malgré une histoire
complexe, ce roman est passionnant et révèle une
face cachée du pouvoir des matrices : la remontée
dans le temps. Le retour de la matrice de Varzil dans le présent
aurait pu avoir des conséquences fabuleuses sur la chronique
de Ténébreuse : dommage que le décès
de l'auteur ne nous permettent pas d'en savoir plus.
On y retrouve avec plaisir des personnages que les lecteurs acharnés
de Ténébreuse connaissent bien, et notamment Lew
Alton, le père de Margaret, dont le personnage, très
riche, évolue sans cesse au fil des volumes. La fin heureuse
de Diotima, sa femme, rend un peu de chance à cet individu
qui n'a que trop souffert au cours de ses diverses pérégrinations
!